Poids Plume, des livres poèmes de la main à la main

12 novembre 2017

Poids Plume: pliage et façonnage

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La boîte aux lettres commence à se remplir, les livres poèmes pour l’édition Poids Plumes 2018 débarquent déjà !

Vous pouvez nous faire parvenir vos œuvres jusqu'au 26 janvier 2018 donc nul besoin de s’empresser de s’emparer de sa plume, il vous reste encore du temps.

En attendant, voici une courte vidéo explicative concernant l’art de plier ces petits recueils. Vous pourrez aussi vous procurer des maquettes vierges dès le 20 novembre, disponibles à la médiathèque, place du 14 juillet et au comptoir des associations, avenue Billaud Varenne, à Villeneuve-les-Salines (La Rochelle).

Rappelons qu’il est aussi bienvenu de mêler poésie et image, mots et dessins afin de réaliser une œuvre originale tant par sa forme que par son fond.

Vous pouvez adresser votre ou vos Poids Plume à Mots Nomades, 12 rue Alphonse Baudin 17000 La Rochelle.

 

 

Poids plume pliage et façonnage

 

 

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08 novembre 2017

Ouverture Poids Plume 2018

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Le froid d’automne est arrivé, il est temps de rentrer, s’installer confortablement et de sortir ou ressortir les stylos pour la quatrième édition de Poids Plume.

A titre de rappel, Poids Plume c’est des poèmes écrits et offerts par tous, pour tous, qui ont vocation à voyager, à se transmettre de main en main.

Poids plume permet de s’exprimer librement sur un format aussi simple qu’est un pliage de feuille A4. 

Les recueils sont microédités (200 exemplaires) pour chaque œuvre sélectionnée et dispersés au gré des passeurs de poèmes.  

Pour plus d'information --> Appel à textes 2018

Pour illustrer, un poème de l’édition 2017 : Hiver par Françoise Guillaumond.

 

Hiver

 

On élève ses colères au rang de cérémonie

après le rouge à l'infini 

on déclare le blanc au vert

 

Hiver

 

Veillée d'un monde qui sommeille

ou carnage à l'ancienne

on éparpille tout ce qui a fané

 

Hiver

 

On réveille ses collections de lustres à pampilles

pour donner du clair à la nuit

donner de l'air à la vie qui vacille

 

Hiver

 

Cristaux de plumes étoilées 

un oiseau soliflore sur l'arbre s'est posé

On le multiplierait par dix

si seulement on pouvait

On mouvementerait le ciel noir

 

 

 

- Gaby, nouvelle dans l’aventure Poids Plume pour l’édition 2018, je co-animerai désormais ce blog.

 

 

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08 juillet 2017

Une joie ouvrière - Jean-Pierre Siméon

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Ce qu'il nous faudrait pour agir

comme agissent les sources sous la pierre :

une joie ouvrière

dans un silence vigilant

 

en chacun

sueur du jour

une lumière travaille

jamais conquise tout à fait

toujours reprise

au matin qui vient par la fenêtre

aux lèvres de l'enfant

qui interroge le feu

 

Quand tout s'alourdit

quand la mort pèse sur la langue

quand le chant même est noir

de s'être nourri de la sueur des corps

 

s'en remettre à la loi

que l'arbre promulgue en son coeur :

 

sève lente 

qui donne à l'été son abri

 

 

 

Jean-Pierre Siméon

Extrait de 

Politique de la beauté

Inédit 25 janvier 2017

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05 juillet 2017

Une mauvaise imitation - Marlène Tissot

LES REFLETS ENFLENT

NOUS NE SOMMES PLUS QU'UNE PARCELLE D'EUX

PETITE PROPRIÉTÉ À PEINE PRIVÉE

DANS UN QUARTIER SURPEUPLÉ

FACE AU MIROIR je DISPARAIS

REMPLACÉE PAR UNE MAUVAISE IMITATION DE MOI

                   RÉFLEXION FAITE

                                    C'EST MIEUX AINSI

texte inédit de Marlène Tissot, collection Poids plume 2017

marlène 2017

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09 mars 2017

Le poids de vos plumes, en chiffres

La collection Poids plume 2017 compte 44 œuvres différentes, et représente 123 auteurs car certaines sont collectives.

10 000 livres poèmes sont actuellement en circulation, nous espérons qu'ils feront bon voyage, nous vous les confions, nous vous les recommandons.

Nous avons reçu 106 livres cette année.

 

Nous sommes un peu moins allés chercher les poètes "par la main" que l'an passé. La boîte aux lettres s'est remplie quand même.

Et c'est sans doute cela, la gageure de Poids plume : une feuille blanche que chacun s'approprierait comme il le souhaite pour en faire jaillir une parole singulière. On la plierait en huit, et on aurait un livre dont on voudrait qu'il rencontre lecteur. C'est aussi simple que cela. Notre toute petite structure, notre minuscule comité de lecture, ne servent qu'à organiser la transmission de votre poésie. Qui devient notre poésie. 

Poésie.

De rue ou de ruisseau, de désert ou d'abondance, de toutes les saisons de la vie, de tous vos horizons. Poésie.

Nul besoin de notre accompagnement en écriture pour vous en saisir : cette parole, c'est votre parole. Elle rend ses lettres de noblesse au manuscrit, au papier, au bouche à oreille et à la transmission de la main à la main.

Poids plume, c'est de poche en poche, de proche en proche.

Nous ne pouvons pas publier tous les livres reçus. Mais nous recevons chacun d'eux comme un cadeau. Nous sommes toujours navrés de ne pas publier un livre.

Nous avons fait en sorte que la collection soit le reflet de la pluralité des paroles reçues. Nous avons fait en sorte qu'elle soit un cadeau pour le lecteur également. Et puis l'expérience nous a appris, à notre corps défendant, à resserrer un peu l'exigence. Moins de livres dans la collection que l'an passé, sans doute, mais un bouquet composé avec soin. Avec un œil qui se forge à notre insu. Cette formation, c'est vous, c'est la lecture de vous. On a pris le temps d'harmoniser les couleurs, les chants, les poèmes. Dans la collection 2017, il y a une patte. Plus lisible peut-être que chez ses grandes sœurs, 2015 et 2016. On a tenté une photo de groupe. Ceux d'entre vous qui sont hors champ, cela ne signifie pas qu'ils n'existent pas. La collection est un reflet. Elle ne peut pas être exacte, intégrale. Les propos se dilueraient, l'attention du lecteur se perdrait, la joie du passeur se fatiguerait, peut-être.

On a appris à dire non, aussi. Ce n'était pas le plus facile.

Nous voudrions dédier ce message à tous les auteurs de livres Poids plume : tous ceux dont le livre est publié cette année, tous ceux qui ont été publiés les années précédentes, et tous ceux qui n'ont pas été publiés.

Nous avons précieusement conservé toutes les œuvres originales, la plupart du temps uniques, que nous avons reçues. Nous commençons à nous poser la question de leur conservation. Bientôt, sans doute en 2018, nous devrons statuer sur cette question, avec quelques professionnels du livre...

Toute plume que soit cette édition, vos presque 500 livres originaux reçus en 3 ans, ça fait du volume, du signe, du papier, de l'encre, du sens. Ça fait un bout de chemin. Une responsabilité.

On vous tiendra au courant de l'avancée de ce chantier : quid de la conservation ?

En attendant, nous essaierons de faire la part belle à vos livres poèmes, même ceux que nous n'avons pas publiés, à travers l'exposition des œuvres originales qui s'organise et se déploie, petit à petit, à travers le territoire. Cela commence à Florac en avril, se poursuit en juillet à Rochefort, se construit et s'organise à La Rochelle, s'envisage à Gennevilliers, se désire dans un collège du Finistère. Nous cherchons un agenda, et le moyen d'étirer les heures du jour. Il y a des voyages, des installations, le désir chevillé au corps que cela reste offert et la complexité de cet engagement à tenir.

Quelque chose nous dit que la parole en papier a quelque chose à reprendre, à soustraire aux vitrines alouettes de nos écrans tous plus tactiles les uns que les autres, mais tous insensibles, aveugles et sourds.

Quelque chose à reprendre : le temps, l'attention, le regard, la considération. La main qui écrit, l'œil qui lit, et entre les deux, la main qui donne. Un truc un peu comme ça.

Quelque chose à préserver, à l'heure des mouchards numériques qui prennent le pouvoir, au bout des bras qui nous les tendent, pour museler nos idées en nous confisquant les mots, tout en nous brandissant des miroirs cajoleurs, des miroirs sans fond, sans autre côté, des miroirs à nous noyer dedans, guillerets et consentants. Quelque chose à préserver, à l'ère des grands retours de l'extrême horreur, du bâillon à la corde, de l'alerte à l'alarme, de l'urgence à l'état du même nom. Écrivons sur du papier, et donnons nous des choses à lire, de la main à la main, sans passer par la case numérique : c'est un peu comme cultiver son jardin, un jour viendra où l'on s'apercevra que c'est une question d'autonomie, une question de survie. 

Alors on continue de vous tendre une feuille vierge, au format A4, avec un petit pliage dont nous avons emprunté le secret à l'ICEM-Pédagogie Freinet. Vous continuez à nous envoyer des livres poèmes. On continue à le faire savoir. Le texte continue de s'ajouter au texte.

C'est un écosystème de mots qui s'érige et jaillit de nos plumes ensemble. Un truc un peu comme ça.

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  1. À Fortiori - Hamid Tibouchi
  2. Armée de mots - Ginette Renard
  3. Au fil de l'eau du poème - Jean-Michel Platier
  4. Avec des si - collectif juniors
  5. Brouillard - Antonin Crenn
  6. Chant pour le cheval - Anne Jullien
  7. Comme des haïkus - élèves de CM1 CM2
  8. Dans la ville j'ai rencontré - Marion Bigot Flambard et Benjamin Lefevre
  9. Écoute le poème - collectif junior
  10. Élèves ! Swan Schluk, 14 ans
  11. Et si c'étai l'histoire de Poids plume - Halima Diakhité, 14 ans
  12. Fée et Rick - Constance Bounaas-Baron, 5 ans
  13. Fenêtres - Myrtille
  14. Gaïa - Morgan Gransagne
  15. Haïkus - élèves de CE2 CM1
  16. Hiver - Françoise Guillaumond
  17. Ici - Max Alhau
  18. J'ai - Cheikh Ndiaye
  19. Je tu il - Florent Toniello
  20. Je veux je voudrais - élèves de CM1 CM2
  21. La nuit en contre-jour - Martine Gourmel
  22. L'enfer - Lenny 6 ans
  23. Lever les yeux - Johanna Bounaas-Baron
  24. L'œil du sourire - Liliane Antonin
  25. Mezza voce - Magtyar
  26. Morphée - Maison de quartier de Port-Neuf
  27. N'importe Nawak - Lucie-Anne
  28. Nos haïkus en pagaille - élèves de CP CE1 CE2
  29. Nuages - Sorani
  30. On rentre quand - Laurence Sartirano
  31. Paix paix paix paix - Salim Chavrot
  32. Plic plic ploc - Pascal Pratz
  33. Poèmes résidents - Ateliers Ismé
  34. Pour que les arc-en-ciel se réveillent - élèves de CP CE1CE2
  35. Qui sont ces gens - élèves de CM1 CM2
  36. Résurgence - Hamid Tibouchi
  37. Secrets d'Afrique - élèves de CE2 CM1
  38. Sept petits poèmes d'amour pour elle - Bernard Ruhaud
  39. Tu es parti un jour - Dadou Roche
  40. Une joie ouvrière - Jean-Pierre Siméon
  41. Une mauvaise imitation - Marlène Tissot
  42. Une particule un souvenir - Kiko
  43. Vivre appuyé - Ehpad du Plessis
  44. Zozios - Anne Danais

 

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08 mars 2017

À fortiori

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À fortiori

 

si un poème 

est troué de partout

est-ce encore

un poème

 

- oui raison de plus

un poème troué de toutes parts

c'est sans doute davantage

un vrai poème

 

& un poème froissé aussi

& un poème épinglé

& un poème biffé

& un poème écorché vif

 

& un poème taché aussi

& un poème déchiré

& un poème trempé

& un poème broyé

 

tous les poèmes

faut les essorer

faut les brûler

pour les purifier

 

tous les poèmes

faut les mettre en morceaux

faut les noyer

faut les passer au mixer

 

faut en faire

de la pâte à papier

puis des feuillets vierges

où les faire renaître nus

 

les mots sur le papier

faut qu'y reviennent

du chaos       du déluge

pour qu'y sonnent vrai -

 

Hamid Tibouchi

inédit - Poids plume 2017

 

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Poids plume est depuis samedi chez les passeurs de poèmes. En voici la liste, c'est ici --> passeurs_de_po_mes_en_2017

 

Il y a des poèmes troués, oui, peut-être bien, dans Poids plume 2017. Vous les chercherez, et puis vous nous direz.

Des poèmes entiers, des poèmes passerelle aussi. Des cris, des gribouillages, de la dentelle, du silence. Des mots ciselés, d'autres en bouquets, en fleurs sauvages, en porc-épic. Des mots sans fusils, des mots debout, des mots tachés, des mots assis, des mots à cheval. Des ratures. 

Des mots de la dernière pluie, des fautes d'orthographe, des passés simples improbables, des coups de gueule, de l'élégance et des choses brutes. Du tâtonnement, du doute. Des textes tout petits qui s'étalent pour prendre 8 pages, des tout serrés tout denses qui économisent le moindre millimètre carré de feuille pour une molécule de sens de plus. Des luxuriants, des sobres.

Ils sonnent vrai, les poèmes...

Pas seulement Poids plume, mais toutes les paroles en faisceau :

de Mahmoud Darwich, Azad Ziya Eren, Sapardi Djoko Damono, Charles Bukowski, Max Jacob, Hamid Tibouchi, Marlène Tissot, Jean-Pierre Siméon, les textes parrains, marraines, parents, jusqu'aux tout petits commentaires à propos improvisés dans l'immédiateté de l'oralité. Les paroles en faisceau comme on a pu les entendre hier soir sur une petite scène rochelaise, en kurde, en indonésien, en allemand, en espagnol, en mandarin, en arabe, en patois, en français, en suédois...*

Ainsi, Poids plume 2017 a enfin pris sa place dans la grande vigne du texte s'écrivant grimpant au texte déjà écrit pour franchir les murs. les murs, les frontières, les océans, les barbelés, l'arbitraire.

La magie du verbe qui monte, volage, fugace, où vibrent les engagements chevillés aux mots : le dire vrai qui fait avaler les larmes, la voix qui tremble un peu, la dignité parole fière, le chant, la conviction, l'humilité, les significations, "sous le bâillon, le poème".

La magie qui peut nous envoûter nous soulever nous évader parce que l'on sait que les écrits nous resteront, pour après, pour plus tard quand la communauté éparpillée nous aura rendus à nos solitudes respectives. Nous resterons reliés par le mot entendu, gardé, lu, reliés par la voix tremblée, nos souvenirs ensemble. 

On ne savait pas qu'un public pouvait encore rester debout, silencieux, une oreille fervente collée à la bouche des poèmes, la soirée durant.

On ne savait pas que Poids plume vous retiendrait aussi longtemps : trois ans, déjà. 

Ils transcendent les chaos, les déluges, les poèmes, et on les a reçus, les mots couteau les mots cri les mots de l'exil les mots de l'innomable les mots de l'espoir : "cette petite chose avec des plumes"

Ils sonnent vrai, comme on les a cueillis, aux pages laborieuses des mains apprenties parfois. 

 

Trébuchants, débutants, naïfs, sans dessus dessous, des phrases sans début sans fin et sans milieu

un hiver, un cri, un je-tu-il, une fée et rick, une joie ouvrière, un brouillard, des fenêtres, Gaïa

 

Ils sont encore des poèmes. Tous des poèmes. 

 

 

 

Demain nous publions la liste complète des 44 livres poèmes publiés en 2017. Ils sont en tout 10 000 exemplaires à franchir de seuil de vos poches, de vos yeux, de votre voix. C'est pas énorme, 10 000. Mais c'est le début d'un beaucoup.

*Et un clin d'oeil grand-merci à la BU et au CIEL de l'université de La Rochelle, aux copains du bar culturel Aïôn, aux copines de Vibrations Poétiques, à tous les étudiants et au public, qui ont fait de cette soirée Poètes Globe Trotters un moment intense. 

 

 

 

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09 janvier 2017

Couleurs café

Maison de quartier de Port-Neuf. Mercredi, 14h. 

Un petit groupe de fidèles vient tutoyer les muses le temps d'un après-midi. 

Les muses, et un peu plus...

Un petit groupe d'habitués, dont certains sont devenus amis, se co-voiturent, s'inquiètent les uns des autres, s'émerveillent des trouvailles de plume respectives. Écrivent ensemble. Moment rituel et fugace. 

Retraités, pour la plupart, sauf quelques oiseaux de passage qui font une escale et repartent vers d'autres branches, d'autres horizons.

C'est l'atelier d'écriture qui se tient depuis, oh, bien 5 ou 6 ans, ici, au coeur du quartier.   

Autour des propositions de Johana, la bibliothécaire de la maison, ils trempent leur plume dans l'air du temps et laissent au lecteur des textes atypiques, drôles, sensibles, chaleureux, écrits sans prétention, souvent porteurs de témoignages.

Témoignages ténus du temps où on avait le temps...de partager un café avec son voisin, son facteur, son livreur, son ami de passage.

Révolu ou pas ? A nous de voir...

 

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L'original et le livre édité...

 

Le caligramme de la première de couverture :

L'odeur du café, c'est comme un temps qui se prolonge

de l'enfance lointaine 

au présent imparfait. 

 

page 2 :

dans mes mains une tasse de café

un effluve doux amer me caresse les narines

Café Merling, Merlin, enchanteur, enchanté, 

Maître tu m'as appelé ?

 

Dans la fumée, deux yeux

T'as le droit à deux voeux

Deux ! C'est tout

Vite, je suis pressé

 

J'sais pas, moi, des sous ?

De la santé ?

Alors à la tienne, santé !

Pouf !! La tasse est vide

 

Qu'est-ce qu'il m'a fait ?

Mais il a bu mon café !

Pas gêné le génie

Garçon ! Un autre !

 

Page 3 :

Kakao, cocoa,...

Oh là là, vous vous trompez !

Point de chocolat, ni de coco !

Il s'agit plutôt; vous l'apprendrez,

 

Il s'agit plutôt du caca au café

Ubuesque dites-vous ?

What else ?

Admettez-le... C'est le 

Kawa du Iuwak. 

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Pages 4 et 5

Tentative d'épuisement du café

qu'est-ce qui plonge dans ma tasse ? Un canard !

Un canard rencontre un Iuwak et lui dit : kes ke ka fait ?

Il ne faut pas que je dorme ! Vite, un café serré !

Il faut vraiment que je dorme, allez, un petit cachet !

Poudre brassée aux effluves enivrants.

Tellement petites, les tasses à café, pas étonnant qu'il faille faire du café serré !

Caféier, café d'hier, cafetière, cafétéria, un poème de hiatus.

Moustache de mousse pour Madame, Moustache odeur café pour Monsieur.

Couleur café, que j'aime ta couleur café !

Boule de cristal et marc de café.

Café bouillu, café foutu. 

Expresso italien ou café turc, filtre ou capsule.

Une mesur par tasse et une pour la cafetière.

Le déca, l'équitable.

2cl de jus noir dans une tasse blanche en porcelaine de Limoges.

Grain de café noir, luisant, mystérieux sur les cuillers souvenir de voyage.

capuccino crémeux, mousseux, lumineux comme une toile de Raphaël

Dosettes de toutes les formes, de toutes les couleurs suivant les goûts : café corsé, café doux, décaféiné.

Café sans sucre, avec sucre et pince à sucre dans un sucirer en cristal

Volutes délicates, arômes puissants, des nectars qui font rêver d'exotisme...

Sacs en toile de jute que les petits grains noirs font crisser.

 

...à suivre... 

 

 

 

 

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08 janvier 2017

Souventes fois


Ils ont entre septante et cent ans. Parfois plus. 

L'âge, la maladie, l'éloignement de leur famille, l'activité professionnelle de leurs proches ou l'isolement leur ont fait faire le choix de la collectivité, à l'heure automne-hiver de leur vie. Un choix qui parfois n'en est pas un. Une bizarre colonie de vacances où s'égraine le temps qui parfois peine à s'écouler alors qu'on en a tant manqué, autrefois.

Collocs d'un autre âge, ils vivent ensemble dans des lieux de vie spécifiques.

On appelle ça les EHPAD, aujourd'hui. Le siècle aime les lettres dont les mots se sont absentés. Il n'y a pas si longtemps, on appelait ça les maisons de retraite. Ailleurs, on appelle ça des résidences pour seniors. Ou encore EHPA. Il y a un D de différence, c'est le D de Dépendance. 

Poètes, ils le sont peut-être.

Comme vous, comme moi, peut-être plus, à cause, parfois, de certain détachement de la chose dite, de certain regard sur le présent, de certaine philosophie jaillie de leur retraite. Poètes sans papiers. 

Dépositaires d'une parole que parfois eux-mêmes ignorent ou maltraitent. Avec un supplément d'humilité que leur donne la perspective, leur point de vue imprenable sur les années écoulées. 

Poids plume va cueillir quelquefois ces paroles qui auraient trouvé elles-mêmes qu'il serait bien dérisoire de s'écrire... poids plume tend une oreille, prend un stylo, écrit sous la dictée quelquefois de personnes à qui l'âge a ravi ce savoir-faire, et parfois non. Poids plume donne une crayon, une feuille, des ciseaux, de la colle. Poids plume pose une empreinte de ces paroles, précieuses, évidentes, parfois, et tellement actuelles. 

 

Voici le Poids plume 2016 de l'EHPAD de Port-Neuf, à La Rochelle

 

Tout seul sur sa banquise

les bras à la retourne

il regarde

la glace

l'horizon

le vide

 

Moi

souventes fois

je le regarde aussi

Josiane Stephan

 

 

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Je suis entré dans la forêt des horloges* pour y entendre le bruit des oiseaux, des feuilles qui se froissent sous mes pieds.

Quelquefois, quelque chose tombe. Et puis le silence revient. 

Jean-Claude Rigot

 

 

Je suis entré dans la forêt des horloges*

et l'horloge tintait.

C'est bien l'heure de manger !

Jeanine

Il se trouvait dans la forêt et entendait au loin l'horloge du plus proche village.

L'enfant ayant peur de l'obscurité s'empara d'un briquet pour faire de la lumière...

René Triconal

 

Quel que soit le voyage

la beauté est au bout du chemin

Viviane Gentis

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 *Federico Garcia Lorca

 

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06 janvier 2017

Treize mille et une nuits

Poids plume est si jeune et pourtant, Poids plume a déjà ses auteurs fidèles. En terme d'insurrection poétique, on pourrait aussi les appeler des récidivistes. Bernard Ruhaud est de ceux-là. Discrètement parrain depuis le premier souffle.

Pour l'édition 2015 initiale, Bernard Ruhaud avait offert aux lecteurs "sommeils lointains"

En 2016, Treize mille et une nuits. Dont voici le texte. 

Qui sait ce qu'il nous réserve en 2017 ?

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Treize mille et une nuits

 

Dors mon amour. Tout est calme. La chambre est chaude et la nuit profonde. La ville entière est endormie. On n’entend plus rien. Ni les éclats de voix des noctambules, ni le grondement sourd de la circulation sur le boulevard.

 

Yeux ouverts dans le noir, je devine plus que je ne distingue le contour des murs de la chambre, la fenêtre close par laquelle filtre quand même une lueur, le calme qui entoure ton sommeil.

 

J’aime ces instants d’insomnie, ces heures passées parfois à ne rien voir ni rien entendre. J’aime la nuit quand rien ne bouge, quand le silence offre un répit.

 

Dors mon amour. Le vent se lève. Il s’engouffre entre les maisons, sous les toits, dans les arbres. Longuement on l’entend tourner. Dehors quelque chose se balance et cogne. Le portail grince par instants.

 

Toi tu aimes le vent, la nuit. « Tu entends le vent ? » dis-tu alors entre deux rêves, et nous passons ainsi de longs moments à l’écouter.

 

Dors mon amour, dors. Le jour est loin. Demain si le temps le permet nous irons marcher quelque part, vers la mer. Nous longerons la côte par la falaise. Le chemin permet d’aller loin si on veut. Peut-être fera-t-il beau, le printemps approche.

 

Déjà les nuits raccourcissent. Bientôt nous pourrons à nouveau dormir la fenêtre ouverte. Les nuits seront encore plus douces, si c’est possible. Des milliers et des milliers de nuits, en toutes saisons, par tous les temps. Jusqu’à la fin du monde dit la chanson. Jusqu’à la fin du monde.

 

Bernard Ruhaud

 

Participer à l'appel à textes : cliquez ici

D'autres auteurs de l'édition initiale ont récidivé en 2016...

Parmi eux, Cathy Garcia, Josyane de Jesus Bergey, Patrice Maltaverne, Raphaël Le Mauve, Lise Lanapavan, Swan Schluk, Myrtille, Pascal Pratz... 

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04 janvier 2017

L'ascenseur

Aujourd'hui entre ses volutes de brume, 2017 nous a révélé de nouvelles jeunes plumes.

Les pieds dans le givre et les doigts gourds solidaires du stylo, les feuilles verticales aux poutres du préau, les enfants ont photographié l'hiver posé là avec leurs mots. 

Cueillette du jour :

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Quelqu'un, quelque part, écrit quelque chose, dans une petite école de village en Charente-Maritime. 

 

C'est l'occasion pour Poids plume de saluer sa benjamine 2016 : Constance Bounaas Baron, 4 ans, qui, avec l'accompagnement de sa maman, nous a livré ce poème ci :

 

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L'ascenseur

 

Un matin de bonne heure

deux amis de bonne humeur

rencontrent une princesse belle comme un coeur...

"Prenons de la hauteur

et allons manger un hamburger !"

Ils rencontrent deux amis à l'étage supérieur

"Venez avec nous manger un hamburger !"

Dans l'ascenseur, 

quelle chaleur !

Ouf ! Voilà le réparateur

avec son tourne-vis et son marteau-piqueur !

Constance Bounaas Baron, 4 ans*

 

*(aujourd'hui 5, sans doute, comme le temps passe un peu sans qu'on s'en aperçoive)

Participez à l'appel à livres Poids plume --> CLIC

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